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Les cryptes

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Les cryptes

Texte d’interprétation

Les cryptes sont des cimetières dits ad sanctos, selon l’expression latine qui signifie « près des saints ». Les catholiques désiraient être inhumés le plus près possible d’un lieu sacré pour attendre la résurrection. Être enterré sous l’église était un privilège. En général, seule l’élite pouvait s’offrir une telle sépulture, car ce type d’inhumation coûtait plus cher. C’était aussi une source de revenus non négligeable pour les fabriques.

Pour des raisons d’hygiène, cette pratique a été réglementée au XIXe siècle : les bières devaient être isolées par de la maçonnerie ou ensevelies à une certaine profondeur sous la terre. La chaux était également employée comme désinfectant. Au XIXe siècle, il y aurait eu un interdit juridique pour contrer cette tradition, mais il n’a apparemment pas été respecté, car à L’Assomption, par exemple, la dernière inhumation dans la crypte daterait de 1952. Dans la réalité, cette pratique aurait plutôt cessé dans les années 1960. À la suite des réformes du Concile Vatican II, on a enrayé les différentes classes de funérailles.

Les églises de L’Assomption, de Saint-Paul-l’Ermite, de Saint-Sulpice et de Bonsecours possèdent plusieurs dizaines de tombes dans leur sous-sol, constituant un patrimoine funéraire peu connu. Ces cryptes sont aménagées de manière chaotique, sans ordre apparent. Dans les deux premières, plusieurs tombeaux de brique ou de ciment sont visibles. Certains portent des petites plaques indiquant le nom et les dates extrêmes du défunt. Il y a quelques couples, des tombeaux solitaires ainsi que des niches encore vides. À Saint-Sulpice, une seule plaque posée sur le sol est apparente, ce qui laisse supposer que les corps étaient ensevelis sous la terre.  (Agathe Chiasson-Leblanc et Cindy Morin, 2011)

Biens inclus

  • Crypte de la chapelle de Bonsecours
  • Crypte de l’église de Saint-Paul-l’Ermite (photos de gauche et en bas à droite)
  • Crypte de l’église de L’Assomption (photo au milieu à droite)
  • Crypte de l’église de Saint-Sulpice (photo en haut à droite)

Informations connues sur la crypte de la chapelle Bonsecours

  • Sous la chapelle Bonsecours.
  • 299, rue Sainte-Ursule, L’Assomption

Propriétaire

Fabrique de la paroisse de L’Assomption.

  • Aucun statut de protection à ce jour.
  • La chapelle est inventoriée dans l’Inventaire des lieux de culte du Québec.
  • Rite funéraire catholique.

- En 1810, la fabrique décide d’aménager un nouveau cimetière à cause de l’exigüité du cimetière précédent. Le nouveau lieu d’inhumation est implanté à l’angle des rues Sainte-Anne et Sainte-Ursule : il s’agit du cimetière Bonsecours. Une petite chapelle mariale, qui sert aussi de chapelle funéraire, est construite sur le site.

- Dans la chapelle du cimetière, 6 personnes auraient été inhumées entre 1836 et 1856.

- En 1858, la deuxième chapelle Bonsecours est érigée. Son sous-sol est surélevé pour permettre l’aménagement d’un charnier et d’une crypte.

 - Dans la crypte, il y a une fournaise et des pièces de mobilier qui ne sont plus utilisées. Il y a des buttes de sable et peut-être des corps en-dessous. Quelques tombeaux en brique sont visibles.

- 122 personnes auraient été inhumées sous la chapelle Bonsecours entre 1857 et1936. Compte tenu de la petite superficie de la chapelle et compte tenu de ce qui est visible lorsqu’on y descend, ce chiffre semble très élevé. Peut-être y avait-il une fausse commune ou alors les tombeaux seraient les uns par-dessus les autres sur une certaine profondeur.        

Informations connues sur la crypte de l’église de Saint-Paul-l’Ermite

  • Sous l’église de Saint-Paul-l’Ermite.
  • 377, rue du Village, Repentigny, secteur Le Gardeur.

Propriétaire

Fabrique de la paroisse de Saint-Paul-l’Ermite    

  • Aucun statut de protection à ce jour.
  • L’église est inventoriée dans l’Inventaire des lieux de culte du Québec.
  • Rite funéraire catholique. 

- La paroisse de Saint-Paul-l’Ermite est érigée en 1856 et la construction de l’église est entreprise l’année suivante.

- Une crypte est aménagée sous l’église.

- Le 22 août 1860 a lieu la première inhumation dans la crypte. Il s’agit de Louis Marion, fils de Joseph Marion et de M.-Louise Brousseau, est décédé à l’âge de 12 ans.

- Se trouvent également dans la crypte, notamment, les corps de l’abbé Huot, premier curé de la paroisse (né en 1817, décédé en 1897), Napoléon Lachapelle, maire de Saint-Paul en 1896-1897, et sa femme Azéline Archambault, François Mercier et Victoire Therrien, les parents de François Mercier, célèbre traiteur de fourrures et explorateur du territoire du Yukon.

- En 1984, Roy et Therrien affirment que l’inhumation sous l’église est interdite depuis une cinquantaine d’années, donc depuis environ 1934.

- La crypte est accessible par une trappe située derrière le maître-autel. Il est possible de circuler sous le plancher. On y voit quelques tombeaux dispersés ça et là, sans ordre apparent. Certains sont en brique, d’autres moulés dans le ciment. Certains sont isolés, d’autres en couple. Certains portent des plaques, d’autres rien du tout. Un tombeau a été brisé par une surcharge de poids sur le dessus, faisant céder la plaque de ciment qui le recouvre. Le défunt est visible. Sur les plaques, diverses années sont lisibles : 1912, 1918, 1927, 1928, 1943, 1950. On y trouve les corps des membres de familles fondatrices de Saint-Paul tels que des Urbain, Lachapelle, Deschamps. 

Informations connues sur la crypte de l’église de L’Assomption

  • Sous l’église de L’Assomption-de-la-Sainte-Vierge
  • 153, rue du Portage, L’Assomption.

Fabrique de la paroisse de L’Assomption

  • L’église de L’Assomption est citée en 1996.
  • Rite funéraire catholique. 

- Il y aurait eu 57 personnes inhumées sous la première église en pierre entre 1750 et 1799 selon les registres de la fabrique de L’Assomption tels que consultés par Claude St-Jean.

- Selon la même source, il y a eu 17 personnes inhumées sous la deuxième église en pierre entre 1820 et 1860.

- En 1819-1820, un nouveau temple est érigé pour répondre au besoin de la population croissante. Le maître maçon Jean-Baptiste Boutonne, dit Larochelle, et le maître tailleur de pierres André Auclair réalisent la construction. La sacristie est aménagée à la même époque.

- En 1863-1864, d’importants travaux ont lieu selon les plans de Victor Bourgeau (1809-1888).

- Il y aurait 151 personnes inhumées sous la crypte entre 1867 et 1952. Certains corps sont sous le chœur. Il y a probablement eu une fausse commune et peut-être  des déplacements lors de l’installation des gicleurs.

- La crypte est accessible par une trappe située dans la nef latérale droite. Il est possible de circuler sous le plancher de l’église. On y voit quelques tombeaux dispersés ça et là, sans ordre apparent. La majorité est en brique, certains comportent des éléments moulés dans le ciment. Quelques uns portent des plaques, d’autres rien du tout. Il reste des enfeus (niches prêtes à recevoir des défunts); toutes les parois sont là à l’exception de celle à l’avant.

Informations connues sur la crypte de l’église de Saint-Sulpice

  • Sous l’église de Saint-Sulpice
  • 1095, rue Notre-Dame, Saint-Sulpice.

Propriétaire

Fabrique de la paroisse de Saint-Sulpice

  • L’église est classée en 1959.
  • Rite funéraire catholique. 

- La paroisse est fondée vers 1702 par les Sulpiciens.

- Une première église est bâtie en 1706, vraisemblablement à l’emplacement du lieu de culte actuel mais orienté vers l’ouest. Il s’agit d’un modeste bâtiment en bois.

- En 1723 et 1724, une nouvelle église en pierre et un presbytère sont construits.

- Ces deux bâtiments sont remplacés par l’église actuelle et un nouveau presbytère en 1831 et 1832. Cette fois-ci, la façade de l’église fait face au fleuve.

- Une partie du sous-sol de l’église sert de lieu d’entreposage. Les autres espaces sont difficiles d’accès. Une partie du sol est recouverte d’un plastique. Nous avons vu une plaque gravée qui reposait sur le sol. L’inscription semble avoir été gravée du bout des doigts dans un ciment encore frais. On peut y lire quelques mots, difficilement en raison de l’incapacité de s’approcher : Pierre Hetu décédé 6 juillet 192 [3 à l’envers ou 8].

 

 

Références

Références sur la crypte de la chapelle Bonsecours

ROY, Christian. Histoire de L’Assomption. L’Assomption, Comité des fêtes du 250e, 1967, 540 p. 

ST-JEAN, Claude. Une foi au pays des méandres : paroisse Assomption-de-la-Sainte-Vierge : 1724-1999, Fabrique de L’Assomption-de-la-Sainte-Vierge, 1999, 55 p.

Références sur la crypte de l’église de Saint-Paul-l’Ermite

FERLAND, Claude. Étude sur le cimetière St-Paul-l’Ermite.

ROY, Christian et Onil THERRIEN. Histoire de Saint-Paul L’Ermite, Le Gardeur. Joliette, s.n., 1984, 271 p. 

Références sur la crypte de l’église de L’Assomption

Répertoire du patrimoine culturel du Québec, « Église de L’Assomption-de-la-Sainte-Vierge »,http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/RPCQ/detailBien.do?methode=consulter&bienId=92804.

ROY, Christian. Histoire de L’Assomption. L’Assomption, Comité des fêtes du 250e, 1967, 540 p.

ST-JEAN, Claude. Une foi au pays des méandres : paroisse Assomption-de-la-Sainte-Vierge : 1724-1999, Fabrique de L’Assomption-de-la-Sainte-Vierge, 1999, 55 p.

Références sur la crypte de l’église de Saint-Sulpice

PRUD’HOMME, Maurice. Les 300 ans de Saint-Sulpice, une fenêtre historique sur le Saint-Laurent, 1706- 2006. La seigneurie de Saint-Sulpice et la seigneurie des îles Bouchard. Montréal, Société de recherche historique Archiv-Histo Inc., 2005, 390 p.

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MRC DE L'ASSOMPTION

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